La CNIL veut sensibiliser le public sur l’usage des montres connectées destinées aux enfants

La montre connectée peut s’avérer être un excellent moyen d’encadrer et de sécuriser la vie de ses enfants. Mais les risques et les abus ne sont jamais bien loin.

Depuis quelques années et en 2019 plus que jamais, la montre connectée pour enfants est l’une des tendances de la rentrée. Pratique, elle présente souvent de nombreuses fonctionnalités et peut aller de la communication avec son enfant à la localisation de ce dernier grâce au dispositif GPS, en passant par la mesure en temps réel de sa santé avec le suivi du rythme cardiaque, le traceur d’activité et son nombre de pas, ou encore le ludique avec la prise de photos et des petits jeux.

Le risque que son enfant se sente oppressé, jusqu’à influencer (négativement) son comportement

Alors oui, la montre connectée pour enfants possède bien des qualités si tant est que l’on s’en serve de façon raisonnable. Car l’inverse peut très bien arriver. Et on peut rapidement passer de l’autonomie sécurisée aux conséquences fâcheuses, comme le fait savoir la CNIL.

L’usage excessif d’une smartwatch peut notamment porter atteinte à la capacité de l’enfant à apprendre par lui-même et à mesure les risques, diminuant ainsi le sens de l’anticipation du danger. De même, la surveillance excessive de l’enfant peut avoir des effets sur son intimité sociale ou corporelle. Par ricochet, le sentiment d’être surveillé nuit et jour peut pousser la jeune fille ou le jeune garçon à se replier sur lui-même et à s’autocensurer. Sans oublier le sentiment de culpabilité que certains parents pourraient faire peser en cas de refus de porter un peu plus la montre.

Les montres connectées sont aussi les cibles d’individus malveillants

Pour éviter ces dérives, la CNIL préconise une certaine modération à l’égard des enfants. Ainsi, la Commission propose de désactiver, aussi souvent que possible, la géolocalisation en temps réel. Car en plus d’être trop intrusive, elle peut très bien être détournée par des gens malintentionnés. Même chose pour l’aspect communicationnel de l’objet. On peut toujours se demander si un simple téléphone n’est au final pas plus pratique ?

L’autorité administrative indépendante estime également que la transparence possède de nombreux bienfaits. Mettre au courant son enfant qu’il peut être surveillé (pour assurer sa sécurité) à distance lui permet non seulement d’être informé de la démarche de ses parents, mais peut débattre du sujet tenant à la vie privée avec eux. Les CNIL européennes avaient rendu un avis, en 2011, rappelant qu’« il ne devrait jamais arriver que, pour des raisons de sécurité, les enfants soient confrontés à une surveillance excessive limitant leur autonomie. »

Notons pour terminer que la montre connectée, si elle dispose de certaines fonctions permettant une communication avec l’extérieur d’un établissement (Wi-Fi, carte SIM), peut être interdite au sein d’une école maternelle, élémentaire ou d’un collège, selon les dispositions de la loi du 3 août 2018. Tout comme les smartphones…

 

Source : Clubic